La mansarde anglaise

12 avril 2019

Harcèlement

Aujourd'hui, j'aimerais parler du harcèlement. C'est un phénomène qui peut revêtir de très nombreuses formes et dont les gens ne réalisent pas forcément les conséquences sur les autres.

Personnellement, je n'ai jamais vraiment été victime de harcèlement physique. Je n'ai jamais été enfermée dans un casier, on ne m'a jamais vraiment jeté des trucs à la tête ou caché mes affaires. En revanche, le harcèlement sous formes de petits riens journaliers mais répétés inlassablement, je le connais très bien.

Je veux en parler maintenant parce que ça fait dix ans que je m'en suis libérée et que je veux tourner la page pour de bon. Arrêter de reproduire les mêmes mécanismes de défense qu'à cette époque.

Je sais que certaines personnes de mon lycée sont sur ma page facebook, mais il y a prescription maintenant. Je ne demande rien, je veux juste essayer de contribuer à ce que les gens fassent un peu gaffe aux autres. Qu'ils se rendent compte qu'en face, il y a des vraies personnes, avec un vécu et des sentiments. Pas simplement la weirdo de service. Et parce que je sais que je n'ai pas été la seule.

J'ai occulté beaucoup de choses de cette période-là. Il y a des pans entiers dont je me rappelle pas.

Ça a commencé à l'entrée au collège. Même si en CM1, j'avais déjà connu un peu de harcélement par certains profs ou surveillants, qui prenaient la forme de confiscation de livres ou de stigmatisation de mes capacités, je m'en suis remise relativement facilement. En plus, cela m'a permis d'avoir mon chat. 

Ensuite, je suis arrivée dans un fonctionnement nouveau, avec plusieurs profs, ce qui est déjà compliqué à aborder. Mais en plus, je suis arrivée en plein milieu de bandes déjà constituées et très très sûres de leur pouvoir.

Je leur ai posé problème parce que j'étais différente. J'aimais lire, j'aimais l'école, je m'habillais comme ça me chantait (c'est à dire sans suivre la règle de porter des marques), et j'étais très très timide. Et ça au collège, tu n'as pas le droit. Je cochais tous les indicateurs de faiblesse pour des mecs qui cherchaient les pleins pouvoirs. En gros, c'est tombé sur moi parce que je n'avais pas les réactions attendues.

Ça commence par te nier le droit à ta propre identité. Suite à mes réactions bizarres, j'ai hérité de plusieurs surnoms. Jamais je n'ai eu le droit à ce qu'on m'appelle juste par mon prénom. Quand un surnom t'est donné par une personne bienveillante, tout va bien. Mais quand tu arrives au lycée quatre ans plus tard, et que les gens te disent "Hé, c'est toi qui avais ce surnom?", c'est moins rigolo. Quand on te compare à la fille de l'exorciste et que le surnom te reste un temps, c'est mois rigolo.

Ça continue par l'envahissement de ton espace vital. Quand les gens se posent à dix centimètres de ton visage et t'empêchent de passer ou essaient de te toucher le visage voire même de t'embrasser. Parfois même en se reculant brutalement en disant que tu sens mauvais. Tous les jours. Pendant sept ans. Croyez-moi pour refaire confiance à quelqu'un après, c'est compliqué.

Quand les gens se mettent à plusieurs, et s'approchent vers toi en baissant leur pantalon. Jusqu'à aujourd'hui, je ne me souviens pas s'ils ont aussi baissé leur caleçon.

Quand les gens t'enlacent par derrière, par surprise, parce qu'on leur a lancé ce défi. Parce que bien sûr, personne ne peut te toucher sans que çe soit un défi.

Quand les gens te balancent des trucs sur ton bureau ou te regardent de travers dans les couloirs.

Ça continue encore par essayer de te faire croire des choses. Par te demander si tu sais ce que ça veut dire bander. Par te parler de ta chatte sans arrêt, en faisant genre qu'il parle de ton animal alors qu'il pense le contraire. Par te dire que tu fais faire l'amour à tes chats. Par te poser une centaine de fois la même question alors qu'ils en ont rien à battre de la réponse. Par te faire croire qu'ils veulent sortir avec toi alors que pas du tout.

Ça continue par l'imititation et la stigmatisation. Quand on imite ta façon de parler, de marcher, de te coiffer. Quand on en fait une blague récurrente, lancinante. C'est le propre du harcélement de se focaliser sur un aspect de la personne qu'elle ne peut pas changer. 

Comment ça finit ? Par des gens qui refusent de s'assoir avec toi à la cantine, par des gens qui font semblant d'être ton ami(e) alors qu'ils ne veulent que se moquer de toi, par des gens qui disent que grâce à eux tu es meilleure alors que tu as fait tout le boulot. Par tes profs qui te mettent la honte devant la classe parce que tu t'es retrouvée toute seule.

Ça se finit par un instinct de fuite très sûr, en sachant toujours où se trouvent les gens, pour pouvoir les éviter le plus efficacement. 

C'est là que je me rends compte à quel point mes amies de cette époque me sont précieuses. Parce qu'elles sont venues vers moi malgré le risque d'exclusion sociale que je représentais et qu'elles m'ont témoigné une amitié sincère et fidèle. Et je n'en veux pas à celles qui sont parties à cette époque là non plus. Je ne sais pas si j'aurais tenu non plus.

C'est la première et la dernière fois que j'en parle. Je n'ai jamais raconté en entier à qui que ce soit et tout court avant d'être sortie de là. Au moins, le cyber-harcélement n'existait pas dans ce temps-là, c'est une chance.

Une fois libérée de ce poids, j'ai subi plusieurs fois des harcèlements, mais presque aucun ne m'a aussi durement affectée que celui-là parce qu'ils n'étaient plus dans mes années de construction.  Quand on vous répéte à longueur de journée que vous êtes nulle, que ce vous faites est mauvais, que vous rentrez pas dans des cases, vous finissez par le penser, par l'intégrer. Ça devient une seconde nature.

J'en parle ici pour ceux qui passent par n'importe quel type de harcélement. Professionnel, personnel, amoureux, peu importe.

Si vous passez par là, sachez que ce n'est pas votre faute. Il arrivera un temps où vous arriverez à regarder dans une glace sans avoir envie de vomir, et que vous saurez tenir tête à vos harceleurs sans la peur au ventre. Il arrivera un temps où ça ne vous définira plus.

J'ai appris plus tard que mes harceleurs subissaient des drames en même temps. C'était mon cas aussi et ça n'excuse rien, même si je comprends quel réflexe destructeur les a poussés jusque là. Ils m'ont pris un pan de ma vie, mais cela pour qu'ils sachent que je ne les ai pas laissés me détruire. Je marche la tête haute et le coeur libre.

Sentez-vous libres de partager des aides sur le harcélement dans les commentaires. Personnellement, je n'en connais aucune et je n'ai pas pu les tester donc je n'en donnerai pas. Le harcèlement en lui-même peut être atroce, ce qu'il n'a pas vraiment été dans mon cas. C'était la répétition qui s'est révélée destructrice. Mais le pire dans le harcèlement, ce sont les conséquences. On se retrouve avec des méchanismes dont il est très difficile de se défaire. Et c'est ça qu'il faut que les gens sachent. Qu'ils choissisent de fuir ou trouvent un moyen de riposter, il faut avoir des clés pour l'après-harcèlement.

Sur ce, je vous retrouve bientôt. Et s'il vous plait, souvenez-vous de rester bienveillants les uns envers les autres. Dans le monde dans lequel on vit actuellement, c'est vital.

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16 février 2017

Tu t'es vu(e) quand t'as peur?

J'ai longtemps été une personne relativement froussarde. Quand j'étais petite, j'avais peur des trucs les plus bizarres:

- des feux d'artifice

- des fanfares

- d'une attraction dans une fête foraine

- de sauter des plongeoirs

- du Père Noel

- des abeilles (je reste le meilleur baromètre de détection des insectes à rayures les plus proches)

- des aiguilles (très probablement depuis que j'ai vu le film A Nous Quatre)

- du Clown dans Ca

- des Martiens dans Mars Attack quand leur tête explose en un embrouillamini de purée verdâtre dégueulasse

Tout le monde a peur de quelque chose, même si les gens peuvent refuser de l'avouer à qui que ce soit, y compris à eux-mêmes.

Mes peurs à moi se sont cristallisées vers le collège, grâce à ce merveilleux concept qu'est le harcélement scolaire.

J'ai compris ce qui m'avait pourri la vie pendant des années à un colloque scientifique, quand l'intervenant a parlé de phobie sociale et que j'ai hésité entre m'enfuir de la salle en courant et fondre en larmes sur place devant mes collègues.

Alors la phobie sociale, qu'est ce que c'est ? D'après les définitions que j'ai pu trouver sur Internet et le colloque susmentionné, c'est " la peur d'être jugé ou humilié en situation de perfomance".

Les gens ont généralement très vaguement entendu parler de phobie sociale. Pour eux, c'est quelqu'un qui est dans l'incapacité de sortir de chez lui/elle et d'affronter le monde, très souvent sous-entendu qui profite d'un "prétendu" mal être pour ne rien fiche. Deux mises au point sur cette vision là:

- l'incapacité de sortir de chez soi, c'est de l'agoraphobie et non de pas de la phobie sociale. Dans la plupart des cas, ca se développe suite à un traumatisme très fort (harcèlement scolaire, accident,etc... ) et ça ne s'accompagne pas forcément de phobie sociale même si ça va souvent ensemble.

- la personne concernée par cela n'est pas paresseuse, elle n'exagère pas ses réactions, elle ne se comporte pas ainsi parce qu'elle veut qu'on la plaigne (au contraire, un ou une phobique va éviter au maximum tout ce qui peut attirer l'attention sur elle)

Dans quelles situations ça peut se déclencher ?

Un ou une phobique va, le plus souvent, éprouver une telle aversion pour les interactions sociales qu'il va chercher à les éviter. Si cela reste impossible lesdites interactions sociales vont se trouver pratiquement totalement dysfonctionnelles. En voici une liste dressée par ma propre expérience. Je suis presque entièrement débarrassée de ce poids mort, donc certaines de ces situations sont bien plus gérables. Cependant, j'ai beau avoir réparé la plus grosse fissure, il reste plein de petites lézardes:

- répondre au téléphone.Cela est généralement une contrainte assez forte et chez moi une némesis absolue. De là découlent plusieurs stratégies d'évitement. Ca peut passer par la préparation en détails de ce que je vais devoir dire plus de la répétition du coup de fil comme une pièce de théâtre. Ca peut aussi se traduire en un après midi entier passé à coté du téléphone sans oser décrocher ou passer des coups de fil importants. Je passe sur les changements de tonalité vocale, les bredouillements, l'incapacité totale à faire autre chose en même temps. Mon corps entier est mobilisé pour surmonter l'épreuve.

- entrer quelque part sans la permission de quelqu'un avant (en mode vampire)

- devoir toucher les gens de quelque manière que ce soit, que ce soit par un high five, la bise, une accolade, un bro fist ou une poignée de main.

- devoir justifier son point de vue devant quelqu'un sans l'avoir étayé avec des données fiables

- devoir trancher entre les directives de deux personnes.

- devoir commander au restaurant ou demander quelque chose dans un magasin

- devoir parler devant des gens (réunions, soirées, etc)

- devoir se placer dans un espace restreint ou donné: m'assoir entre deux personnes, me placer dans une pièce etc

- devoir faire des choses en public

- devoir mener un projet

- toquer à une porte

- parler à quelqu'un du sexe opposé

- regarder les gens dans les yeux

Les situations sont très nombreuses et ceux qui m'ont connue au collège et au lycée sauront vous en citer plein d'autres.

Vous allez me dire "Hé, mais pourquoi tu as choisi de faire bibliothécaire, t'es toujours avec des gens, non ?".

Et bien je vous répondrai pour la même raison qu'un sportif handicapé fait du sport à haut niveau. Parce que c'est ma passion et que je ne vais pas la laisser tomber à cause de mon incapacité à être un être humain fonctionnel. Forcément que c'est difficile mais c'est pas une raison pour laisser tomber.

Quelles conséquences ? 

Je suis sortie de la phase d'évitement de toutes interactions, donc maintenant j'ai des réactions différentes et assez inédites pour moi car je ne peux plus ni rien fuir ni me cacher quand j'ai un pic d'angoisse. Voilà pêle-mêle quelques exemples:

- la respiration. Je ne m'en suis jamais rendue compte mais j'ai véçu très longtemps sans respirer ou avec un très petit volume d'air. Je pense que mes crises d'asthme n'en étaient pas réellement, c'était plutôt de l'asthme aux origines environnementales liés à des crises d'angoisse. Donc en cas de crise, soit c'est comme si un éléphant s'était assis sur mes poumons, soit comme si mon diaphragme était coincé, toutes situations peu agréables à vivre... Et c'est seulement en apprenant à mieux respirer que l'ampleur des crises d'asthme antérieures m'est apparue. Quand j'en ai maintenant, c'est comme si ma cage thoracique était trop petite pour mes poumons.

- la gestuelle. Je n'ai jamais été très douée de mes mains et j'ai toujours eu la coordination d'un paresseux sous lexomil. Cependant, quand je dois réaliser un geste devant quelqu'un, ledit geste sera toujours maladroit, saccadé et ma dyspraxie naturelle multipliée par mille.

- la température. Ca arrive moins maintenant et je crois que c'est lié au fait de rougir, mais pendant tout un temps, j'avais les joues en feu et comme des boosts de chaleur quand je devais faire des oraux, presque jusqu'à m'évanouir. Pour ceux qui m'ont connue à la fac, le radiateur humain, c'était ça...

- la voix. Après avoir passé si longtemps sans ouvrir la bouche, je me suis aperçue quand j'ai effectivement commencé à reparler un peu, que je savais plus la placer ou avoir le moindre contrôle dessus. A force d'exercices, j'arrive maintenant à la projeter dans le cadre de mon travail et de manière ponctuelle, mais d'une part, c'est épuisant et ca exige une vigilance incessante et d'autre part je peux pas maintenir cet effort dans une situation de stress.

- le discours ou le syndrome de la disquette vide. Je peux torpiller inconsciemment un projet ou une bonne chose pour ne pas avoir à faire une tâche qui me paraîtrait insurmontable. CF mon premier oral de concours où les deux tiers des réponses faites au jury ressemblaient à ça:

"rkjhgjsfhgkjfhgjhsfgjsjkghsjghsgbsjsd   dfsijghjghjksfghjfkjgfjk * blanc *fkljghkjfghkfgkjfghskjfhgkjhsfjkghsfjkghs"

Les mots, ou au moins qui arrivaient à sortir, arrivaient en une espèce de bouillie inintelligible par le commun des mortels, même avec la meilleure volonté du monde

- les nausées ou tout simplement l'estomac à l'envers par anticipation d'une situation compliquée

- le coeur qui bat à s'en détacher de la poitrine

- la déformation des mots et les bredouillements. Ca m'arrive de dire un mot pour un autre ou bien de pas arriver à retrouver le fil de mes pensées, surtout les jours où il y a beaucoup de public

- la perception par les autres : je ne compte plus le nombre de gens qui m'ont dit après coup : "Dis donc, la première fois que je t'ai vue, j'ai cru que tu étais débile ou méchante parce que tu parlais pas." Oui c'est bien, tu as compris le principe et tu n'es pas du tout en train d'encourager un cercle vicieux.

Quand tu vois un phobique social faire une crise ou être agobiado (avoir eu trop de choses qui représentent un défi pour lui), ça dépend de la personne phobique mais deux solutions se présentent à toi. Soit tu le laisses tranquille pour qu'il se relaxe tout seul, soit tu détournes son attention de la chose qui l'angoisse. Surtout ne JAMAIS le forcer à continuer ou à parler quand il est dans cet état.

Pourquoi j'en parle?

Parce que j'ai fait suffisamment de progrès pour pouvoir en parler sans en avoir honte et que mon expérience peut aider des gens qui souffrent dans la même situation. Je sais pertinement que faire face à des gens qui te disent que tu pourrais même faire plus d'efforts, être moins timide, qui te disent que tu les énerves parce que tu n'oses pas ou parce que tu as des symptômes physiques d'une angoisse interne, qui te disent que ça suffit d'avoir si peu confiance en toi, que tu pourrais quand même reprendre ta vie en main, tout cela peut blesser durablement. J'aimerais que ceux qui souffrent de ce vieux truc puissent se dire "Oui je suis normal, je ne suis pas fou,  j'ai juste besoin de réaliser ce que j'ai pour pouvoir vivre avec". J'aimerais leur éviter les regards de commisération des autres ou le syndrome du messie de certains qui se disent " Ah, je vais sauver cette pauvre personne qui n'arrive même pas à toquer à une porte. Je vais la maquiller, je vais la bousculer et elle va enfin pouvoir être heureuse grâce à moi".
Ca ne marche pas comme la vie. La guérison, c'est d'abord le / la phobique qui peut y arriver, à son propre rythme et en se reposant quand elle se sent trop fatiguée. L'entourage peut l'aider bien sûr, mais c'est d'abord un processus interne et qui vient de la personne concernée avant tout. C'est pas grave s'il y a parfois elle n'arrive à faire aussi bien qu'avant, si elle a besoin d'une pause avant de continuer à progresser. C'est normal.

Parce que j'aimerais que les gens comprennent que ce n'est ni de la timidité, ni du stress sans que pour autant ils te crient OH MON DIEU TU AS UNE MALADIE MENTALE GRAVISSIME. C'est un handicap social épouvantable mais il est possible de s'en sortir, avec ou sans médicaments selon le degré de gravité de la phobie. Parce que j'en ai marre que les gens se disent : "Roooh, mais elle fait tout un cinéma pour rien."

Parce que j'aimerais que les gens connaissent un peu ce trouble pour éviter que les auteurs ne pondent certains romans sans savoir de quoi ils parlent. Pour qu'ils ne fassent un personnage agoraphobe gay et qu'ils utilisent un autre personnage comme sucette géante pour leur faire sortir de la maison. Comme si le garçon avait besoin d'une récompense pour arriver à sortir de chez lui. Pour qu'ils n'assimilent pas phobie sociale et troubles auto destructeurs.Pour qu'ils décrivent la phobie sociale correctement. Parce que je ne sais moi, je ne vais pas me mettre à parler du calcul de la trajectoire d'une fusée alors que je n'y connais rien.


Parce que j'ai cherché sur Youtube et tout ce que j'ai trouvé, c'est un monsieur d'un certain âge qui pose devant une bibliothèque de livres scientifiques et qui a l'air de te faire un exposé. Je me dis donc que si tu as ce genre de problèmes, ça n'est pas un monsieur respectable qui te parle d'un ton docte de ce qu'il a étudié qui va t'aider à te sentir mieux... J'aimerais donc que les gens puissent en discuter si ça les soulage.

Voilà, à bientôt pour de nouvelles aventures en bibliothèque après cette parenthèse salutaire pour moi. Oui la prochaine fois, je vous fais un gentil petit article sur mon travail. Un article pas dérangeant pour personne.

 

 

Posté par Rion-ma à 22:30 - Commentaires [2] - Permalien [#]

25 février 2015

Nouvelle tête, nouveaux départs

Avant de vous raconter l'épilogue de mon aventure anglaise, le retour au pays et mon entrée dans le monde du travail, j'aimerais vous alerter sur une cause qui me tient à coeur et qui n'est pas du tout valorisée en France.

Cela concerne le don de cheveux pour aider les femmes et les hommes atteints de cancer à supporter la perte des leurs.  En effet, acheter une perruque quand on perd ses cheveux à cause de la chimiothérapie coûte très cher, et cela n'aide ni le porte-monnaie et le moral. En France, il n'existe aucun moyen de donner ses cheveux à une association ou à un institut. J'en veux pour preuve le cas de l'Institut Curie, où on m'a regardé comme si je m'étais changée en éléphant rose sous leurs yeux, et d'autres endroits où j'avais l'impression d'être en train d'essayer de leur vendre un rein.

 

Finalement, après des mois de recherche, j'ai décidé de sauter le pas et d'aller passer pour une psychopathe chez un coiffeur. "Oui, bonjour, pourriez-vous couper mes 50 cm de cheveux au niveau de l'élastique de la queue de cheval, puis me les rendre sans les mouiller ? Merci beaucoup."

Et voici le résultat avant / après:

 

Photo 1797

Photo 1803

 

 

Voici les sites des associations à l'étranger que vous pouvez contacter. Il faudra vous faire une queue de cheval à la base de la nuque, la faire tenir avec autant d'élastiques que nécessaire, la mettre dans un sachet hermétique puis dans une enveloppe matelassée et l'envoyer à l'adresse indiquée dans le site.

 

-http://www.haarstichting.nl/donner-les-cheveux

-https://www.enviedeplus.be/tag/coupe-d-eclat

-http://www.coupedeclat.be/

 

Pour ma cousine, que le bonheur et la classitude s'attachent à chacun de tes pas.

 

Posté par Rion-ma à 19:33 - Commentaires [0] - Permalien [#]

13 avril 2014

Le déménagement

En réponse à plusieurs demandes de mon entourage et après avoir enfin  bouclé quasiment toutes les démarches administratives, je vais vous expliquer les circonstances de mon déménagement. Je dois détailler les raisons de ce changement parce que sinon, personne ne me croit jamais. Donc, je vais vous parler de mes cinq mois d'enfer personnel dans la maison qui a usé ma patience et ma confiance en moi bien plus profondément que l'administration de ma fac ou  qu'un coup de téléphone à un fournisseur d'énergie. En effet, cette maison était: 

-La maison dans laquelle on laisse faisander des oiseaux dans la cuisine et où tout le monde trouve ça normal. 

-La maison où ton premier contact avec tes colocataires consistent à les entendre brailler des chansons Disney à 5 heures du matin. Je n'ai rien contre les chansons Disney, ce sont même les seules que je peux chanter de mémoire, mais pas à 5 heures du matin quand tu te réveilles une heure plus tard. Surtout pas quand les personnes en question sont tellement ivres que quand tu leur demande pour la troisième fois de baisser le son, elles se contentent la tête de haut en bas en regardant dans le vide, la main crispée sur leur bouteille de bière.

-La maison avec le mode de cuisson des aliments le plus bizarre du monde. En effet, les gens normaux, quand ils cuisent une pizza ou un steak au four, ils graissent la plaque ou mettent un papier alu dessus, puis lavent le tout. Bah là, non. Ils mettent la nourriture directement sur la plaque, puis la fois suivante, mettent un papier alu dessus. Et ils ne s'arrêtent même pas là. Non, ils peuvent accumuler jusqu'à six couches de papier alu entrelacées de graisse datant de trois mois, jusqu'à ce que la bonniche de service craque et enlève tout au Karscher, en manquant s'évanouir à cause de l'odeur.

-La maison où la poubelle elle-même a dû être jetée pour cause d'hygiène, et que, du coup, tout le monde se croit autoriser à balancer ses ordures n'importe où. Le jeu, c'est d'abord de jeter un sac poubelle dans un coin, puis de lancer ses déchets le plus loin possible du sac, de manière à former la pile la plus haute et la plus immonde possible. Quand je suis partie, ils n'avaient pas encore tout à fait atteint le plafond.

-La maison où il ne faut pas ouvrir le frigo principal (qui heureusement n'était pas le mien) sous peine de mourir asphyxié.

-La maison tellement sale qu'il y a des rats et des grosses  mouches à viande dedans.

-La maison où la sonnette faisait plus de bruit qu'une perceuse à métaux et résonnait surtout à 5 heures du matin, surtout en semaine.

-La maison où outre les insultes pures et dures que ma coloc et moi subissions assez souvent, je collectionnais les surnoms étranges. Ils m'appelaient entre autres "chicken nugget", "silly sausage", "cheeky monkey", "little madam". De plus, ils ne pouvaient pas dire mon nom correctement, au lieu de m'appeler par mon prénom, ils m'appelaient Mariwan. Ils mettaient cette incapacité sur le compte de notre différence de langue, mais ils savaient très bien le prononcer. C'était simplement pour me faire enrager.

-La maison où les gens se comportent de façon très étrange. Tantôt ils sont tout sucre tout miel avec vous, tantôt ils se comportent comme si  vous étiez la dernière des raclures de pavé sur leur chaussure. Ils peuvent vous appeler "a gorgeous woman" à un moment et vous traiter d'imbécile une seconde plus tard.

-La maison où le chantage règne en maître pour tout et n'importe quoi. Vous voulez allumer le chauffage ? Gardez-vous en bien, car il vous serait rétorqué qu'on n'allume pas le chauffage avant fin janvier. Très bien, mais on est censé mourir de froid dans l'intervalle? Vous devez payer plus si vous voulez mettre le chauffage entretemps, parce que ce n'est pas de notre faute si vous êtes frileuses. L'idée ne leur est jamais venue à l'esprit que nous pouvions ne pas être habituées aux mêmes températures qu'eux et que le chauffage devait rester allumé au moins une heure par jour pour raison d'entretien. Vous voulez bénéficier d'un usage normal du frigo ? Renoncez tout de suite à cette idée, pauvres fous.Vous ne pourrez pas utiliser le frigo normal, en tout cas pas si vous tenez à la vie et si vous ne voulez pas attraper la salmonellose. Quelles solutions vous reste-t-il après ça ? Utiliser le petit frigo mis " à votre disponibilité" ? Ca pourrait marcher, mais c'est trompeur parce que, petit à petit, vos colocataires vont grignoter votre espace vital. J'ai besoin d'un étagère pour mettre ceci, d'une étagère pour mettre cela. Avant que vous ne puissiez vous en apercevoir, ils vous diront " enlevez toute votre nourriture d'ici mercredi pour que je puisse y ranger mon alcool". La solution de repli est de vous acheter votre propre frigo, solution certes radicale et coûteuse, qui présentera l'inconvénient de provoquer une demande de paiement supplémentaire, parce que vous comprenez, vous consommez plus d'électricité qu'eux, donc c'est injuste. Je ne parle pas même des petites mesquineries comme "Accepte ma demande d'amis sur facebook ou je dis à l'agence que vous avez hébergé une amie pendant douze jours alors que c'est illégal et ça coûtera 35 livres". Quoi ? Hein ?

-La maison où la notion de vie privée est un lointain mirage. En effet, dans quel autre endroit pourriez-vous aller prendre une douche et revenir en découvrant que votre coloc a profité de votre absence pour aller dans votre chambre, sur votre ordinateur et sur votre facebook pour mettre un message dessus ? N'acceptez jamais de groupe facebook pour la communauté, car vous vous ferez harceler sans fin. Vous apprécierez sûrement qu'après une journée entière passée à nettoyer, votre colocataire prétende avoir tout nettoyé tout seul. Vous savourerez d'être accusée d'avoir cassé des choses alors que c'était de leur faute. Vous aimerez par-dessus tout les "réunions de communauté" pour lesquelles vous devrez payer 35 livres à chaque fois que vous en manquerez une. Vous apprécierez à leur juste valeur les intrusions dans votre chambre, même les fois où il s'est enfermé dans votre chambre ou a bloqué la porte avec sa béquille. La goutte d'eau qui fait déborder le vase étant quand même quand il s'introduit dans votre chambre fermée à clé ou quand votre coloc hurle à travers le mur: "Quoi, qu'est-ce que tu vas lui dire à l'agence ?"

- La maison dans laquelle on vous harcèle en mettant des choses dans ta nourriture pendant que vous cuisinez et après on vous dit qu'on s'ennuyait seulement. Etre un simple objet d'amusemen n'est pas une partie de plaisir, loin de là. Par exemple, ils me prenaient en photo contre mon gré et se mettaient en colère quand j'essayais de leur enlever leur téléphone pour les faire arrêter. Et vu que l'un d'entre eux était trois fois plus haut que moi et deux fois plus large, je pourrais rien faire.

-La maison où vous ne pouvez pas ouvrir la bouche sans qu'on se moque de votre accent français donc que vous ne pourrez valider aucun argument. Bonjour la confiance en soi...

J'en ai oublié beaucoup d'exemples, parce qu'au bout d'un moment, votre cerveau fait abstraction. Trop d'ignominies, ca use à la fin.

Vous comprendrez peut-être après tout ça, ma décision de partir. Croyez-moi, elle n'a pas été prise à la légère. J'ai séjourné deux nuits chez mes professeurs (merci de tout coeur à eux), avant de passer trois semaines chez mes amis pour trouver un nouvel endroit où aller. Les sites internet indispensables pour trouver un endroit sont les mêmes que ceux nécessaires pour trouver un colocataire ou louer sa propre chambre. Ils seront listés plus loin dans cet article. Vous avez aussi le choix de passer directement par une agence ou un site qui recense plusieurs propositions d'agences. Il y en a plusieurs, Belvoir, Rightmove, Your move,  les intermédiaires étant des sites comme Nestoria ou  Zoopla. Personnellement, je recommande Belvoir et Spareroom. Le premier m'a fourni un nouveau chez-moi très vite et sans trop de tracasseries. Il vous en coûtera des frais d'agence, mais dans ce cas, ils les avaient vraiment mérités. Eux... Faites très attention aux modalités de location. C'est comme ça que je me suis faite piéger. Il existe plusieurs types de contrat, comme les Assured Shorthold tenancies, qui sont les plus communs, où les Short Tenancies. Le pire restant les Assured Shorthold Joint Tenancies. Si un jour, vous voyez ce type de contrat, fuyez de toutes vos forces ! Ca veut dire que vous êtes liés à vos colocataires. S'il prend l'envie à un de vos colocataires de vous larder de coups de couteaux pendant votre sommeil ou bien de vivre comme un homme de Cro-Magnon, vous ne pourrez rien faire. Vous ne pourrez pas partir sans payer le reste du loyer ou trouver quelqu'un pour vous remplacer. Un peu comme si vous étiez en prison dans votre propre maison.La cerise sur le gâteau est le contrat que vous avez signé. Mais si, le contrat d'environ sept pages qui ne couvre que les droits du propriétaire. Autrement dit, le locataire peut se gratter pour être protégé. Après ça, c'est rien face à l'attitude de l'agence. 

- " Non, vous devez rester responsables de l'état de la maison même après que vous ayez quitté la maison"

- "Oui, bien sûr, l'état de la maison inclut la propreté"

- "Vous êtes sûre que le verrou a bien tourné de l'extérieur ?"

- "Je vous avais informée de la situation avant que vous ne preniez une nouvelle location"

- " Un inventaire coûte environ 150 euros, mais pour courtoisie je ne vous ferai payer que 75 euros"

-" Vous êtes tous des adultes, vous pouvez gérer la situation tous seuls"

- "La propriété était propre quand vous avez emmenagé, et elle doit le rester quand vous partirez. La propreté est la responsabilité de tous les colocataires. " Donc vous avez appelé les nettoyeurs pour faire joli.

- "Vous devrez payer 24 livres pour récupérer la caution. Ah non, en fait, elle doit rester là jusqu'en juin. Ah non, en fait, on vous la rend;"

 Après être partie de ce champ de mines, vous devrez gérer les détails pratiques. En effet, si vous ne voulez pas payer double loyer jusqu'à avoir des cheveux blancs, il vaut mieux se dépêcher de se trouver un remplacant. Alors, pour ce faire, il existe quatre sites principaux, à part le démarchage énergique de toutes vos connaissances. Vous pouvez mettre des annonces (les plus précises possibles) sur EasyRoomate, Spareroom et Gumtree. Ce sont les plus efficaces, mais il faut bien préciser la durée de disponibilité de l'appartement, le type de contrat et le loyer. Il y a un seul inconvénient à ces sites, c'est que pour avoir des résultats décents, vous devez prendre un abonnement pour pouvoir répondre aux annonces de moins de sept ans.

 Une fois votre nouveau logement obtenu, préoccupez-vous de savoir si les charges sont comprises et si vous n'êtes pas trop pressée par le temps, préférez charges comprises parce que pour régler les factures par vous-même relève de la gageure.

 La première chose à faire est de règler votre facture Internet. C'est assez compliqué parce que vous avez beaucoup de compagnies différentes. Moi, je vous conseille Virgin Média. J'avais déjà Internet par ce biais dans mon ancienne maison, et je n'ai jamais eu à me plaindre d'eux. De plus, ils ont un chat sur leur site qui est très efficace. C'est un peu difficile d'obtenir un contrat de neuf mois (il n'en existe pas de six mois, croyez-moi, j'ai vérifié)  le mieux est de vous déplacer en boutique pour demander directement. Dans mon cas, ils m'ont vue tellement souvent qu'à la fin ils ont dû barricader la boutique. Donc, le cas le plus avantageux est de prendre un abonnement internet de neuf mois, seulement disponible en magasin (20 euros les trois premiers mois, 25 euros les six mois suivants), et ensuite de résilier votre contrat pour un montant de sept livres par mois. J'espère que ça marchera, on verra en juillet si la résiliation est simple; Vous aurez besoin de vos données personnelles (nom, prénom, téléphone, adresse, adresse email) ainsi que vos données bancaires car vous devrez payer un mois d'avance puis payez par prélévement mensuel. Vous devrez installer votre box vous-même pour éviter de payer les frais d'installation, il vous faudra préalablement vérifier si vous êtes dans le réseau pour ça. Ensuite, il vous faudra l'activer, c'est-à-dire appeler un numéro de téléphone surtaxé où la personne ne comprendra pas un traître mot de vos paroles. Vous savez, les numéros qui te font attendre 15 minutes avec la musique. Le plus, c'est que là, la musique changeait. On passait de la musique country à la musique classique, avec un petit entracte de musique. Très bizarre. Bref, vous n'y couperez pas, à part si vous demandez gentiment au vendeur en lui disant que vous êtes une pauvre petite française et que la personne à l'autre bout du fil ne vous comprend pas. Ensuite, après avoir tout raccordé et passé les coups de fils d'activation, vous devrez utiliser les codes sur la box pour vous connecter et activer votre adresse virgin média. Cette dernière étape n'est pas forcément obligatoire parce que pour moi, ça a parfaitement marché. 

La deuxième chose dont il faut s'occuper est la taxe d'habitation. Alors, là, les gens ne s'accordent pas dessus, mais je pense avoir la réponse. Quand vous êtes assistante de français pour la première année, vous n'avez PAS à la payer. Je suis formelle. En revanche, quand vous êtes en deuxième année d'assistanat, il vous faudra vous en acquitter, mais vous bénéficierez de la réduction de 25% réservée aux personnes vivant seules dans leur logement. Oui, cela compte si vous habitez dans une maison avec plusieurs studios isolés. Cette taxe vous reviendra à 897 livres par an si vous payez plein tarif et à 672  livres avec la réduction (à Sunderland bien sûr).  Vous ne devrez payer que les mois pendant lesquels vous resterez dans la maison si vous ne payez pas par prélévements mensuels et que vous les prévenez de votre départ le mois où vous partez.

La dernière chose à vérifier est les factures d'eau et d'électricité. Pour l'eau, il n'y a qu'une seule compagnie selon la région où vous êtes. Pour la région de Sunderland, c'est la Northumbrian Water. Il y a deux possibilités de paiement, soit par métrage, soit annuellement. Il faut mieux vous adresser directement au service client parce que pour trouver à quel cas de figure vous vous rapportez, je vous souhaite bon courage. En plus, si comme moi, vous ne pouvez pas contacter le précédent locataire et que vous arrivez en cours d'année.... Ne vous en faites pas, ils sont très réactifs. Cette facture vous reviendra grosso modo à 50 livres par mois, sous réserve que vous préveniez de votre départ. Pour les factures d'électricité et de chauffage, il y a un trilliard de compagnies différentes et à ce jour, je n'ai toujours pas compris ce que je devais payer. Ma foi, ils me sonneront quand ils seront prêts. 100 livres par mois, ça vous paraît cher ? J'ai juste réussi, après moult difficultés à savoir quelle compagnie fournissait mon gaz et mon électricité. Donc pour savoir quelle compagnie fournit votre électricité, il vous faudra aller sur ce site ou appelez le 0870 608 1524. Pour savoir qui fournit votre gaz, appelez le 0845 601 3268.

 Voilà mon occupation durant ces quatre derniers mois. Je n'aurais pas cru que ça puisse être si difficile mais maintenant c'est fini. J'en profite pour féliciter ma grande soeur qui a déménagé ce weekend et à laquelle je souhaite tout le bonheur possible. 

 

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23 mars 2014

Reboot

*Dépoussière*

Bon, est-ce qu'il y a encore quelqu'un de fonctionnel par ici ? Au dernier rang ? Non ? Personne ? Vous faites tous cette tête-là ?

Rooh, allez, je vais vous tenir au courant. Que dire de la suite de mes aventures? Il s'est passé tellement de choses depuis ma première année d'assistanat que je ne sais même pas par quoi commencer. J'ai continué ma première année d'assistanat comme je pouvais, en rencontrant de nouvelles personnes, en apprenant comment me comporter en societé et en essayant toujours plus de repousser mes limites.

A un certain moment, une question tout à fait épineuse est survenue. Devais-je refaire une deuxième année d'assistanat ou pas ? On m'a proposé de revenir en passant une semaine dans l'école de garçons et l'autre dans une école de filles, avec des élèves de niveau plus avancé. C'était une chance de découvrir quelque chose de différent et d'approfondir mon expérience. D'un côté, je sentais que j'avais réellement besoin de cela, parce que même si en 8 mois, j'ai fait des progrès tout à fait impressionnants, j'avais encore tellement de choses à apprendre. De plus, j'avais seulement appris à débloquer certaines de mes peurs et à plus m'ouvrir aux autres personnes, et il me semblait tout à fait incohérent de m'arrêter si près du but. Il me restait tellement de choses à voir !

D'un autre côté, les obstacles à une deuxième année étaient tellement nombreux que rester encore un an s'apparentait à franchir les portes de l'enfer. Pour quelqu'un qui déteste tellement faire les choix qu'elle ne peut même pas décider quel plat elle prend au restaurant en moins de trois heures, vous imaginez combien ça a pu être difficile.

Le premier obstacle à franchir reste l'écueil des études, c'est-à-dire la question "Oh mon Dieu, que vais-je faire de ma vie?". Vous vous demandez si l'assistanat, c'est du temps perdu ? Non, non et encore non. Ca vous apprendra à vous débrouiller dans la vie, même il vous restera toujours au ventre la peur de tout faire rater. Mais croyez-moi, après avoir déménagé tout seul, après avoir passé des entretiens téléphoniques dans une autre langue, après être allé à des rendez-vous à la banque, avoir tenu votre maison tout seul, après avoir affronté des dizaines de vos plus grandes peurs, même si vous aurez toujours l'impression de gèrer les choses comme un pois chiche, vous aurez fatalement acquis des qualités pratiques. C'est tellement enrichissant professionnellement et humainement qu'il ne faut pas hésiter, même si vous devez y mettre du vôtre et saisir toutes les opportunités qui passeront à votre portée. La deuxième année d'assistanat, prenez-là si vous pouvez vous l'offrir. J'entends par là si vous voulez devenir professeur, c'est le meilleur moyen. Beaucoup d'assistants restent dans leur école pour y travailler, donc c'est un vrai tremplin. Foncez aussi si vous avez besoin d'encore un peu de temps pour vous débloquer ou pour voyager, mais ne la considérez pas une extension d'Erasmus. C'est très sérieux. Donc non, vous ne perdrez pas de temps si vous faites une deuxième année, si vous voulez devenir professeur. Si vous voulez faire autre chose, ça vous aidera, mais il faudra penser à autre chose, surtout que d'aucuns pourraient commencer à s'ennuyer. 

Alors quelles sont vos options ? Vous pourrez toujours essayer de faire une année dans l'université de votre ville d'accueil, mais à 5000 livres l'année, il ne vaut mieux pas mal gérer la pression, comme moi. J'ai envisagé cette solution au début, car j'avais peur de perdre mon temps et de me fermer des portes, mais ça n'aurait pas marché. Cette solution n'est à envisager que si vous êtes riches ou brillant. Vous pouvez également essayer de trouver un travail complémentaire dans votre branche. C'est très possible car il y a beaucoup d'offres sur un an, donc si vous êtes prêts à rester un peu plus, vous pouvez parfaitement concilier les deux et reprendre vos études plus tard avec un bonus sur votre CV. La dernière solution, et celle que j'ai choisie, ce sont les études par correspondance. Oh, c'est une solution parfaite, du moment que vous vous impliquez et que vous ne vivez pas dans une maison qui ressemble pas à un asile de fous. Vous pourrez parfaitement mener vos études à bien, même si vous manquerez un peu de moyen concernant les livres à étudier. Pour ma part, j'ai choisi de faire un master en littérature pour la jeunesse. Ca se passe bien même si c'est assez différent de mes études antérieures et que j'ai pris du retard pour avoir vécu là-dedans pendant cinq mois.

Le deuxième écueil est votre entourage. Pour ma part, je n'aurais jamais jamais cru que ma pauvre petite personne pourrait avoir autant d'importance pour les autres et entraîner tant de discussions interminables sur "mon avenir". Bientôt, tous les membres de ma famille vont écrire une thése sur "Est-ce que Rion-Ma a perdu l'esprit de se barrer à l'étranger encore une année ou est-ce une décision pertinente? Discutez, vous avez trois heures". Alors on parle de quelqu'un de tellement timide, naif et qui se la boucle toujours que tout le monde a cru pendant des années qu'elle avait autant de courage et de persévérance qu'un oeuf dur, mais il me semble avoir désormais prouvé le contraire. Je ne sais toujours pas où ça va me mener et ça m'a demandé énormément de sacrifices mais je sais que c'était ma décision et que ca m'était nécessaire, voire même vital. Je n'ose pas penser à la personne que je serais devenue si je n'étais pas partie. Il vaut mieux ne pas se l'imaginer, ça pourrait devenir pitoyable.

Bien sûr, vous ferez dramatiquement souffrir votre entourage, même si vous ne l'auriez jamais imaginé, même si vous vous étiez jugée trop insignifiante pour causer le moindre changement. Si vous avez un petit ami, ça sera encore bien pire, ca relève du choix de Sophie. C'est quelque chose de tellement dur que je ne peux qu'imaginer le déchirement que ça représente, mais ça montre tout le prix que vous attachez à votre relation. C'est pareil pour votre famille. Partir à l'étranger si longtemps vous montrera la relation que vous entretenez avec tous les membres de votre famille. Cela vous fera chérir plus que tout tous les petits moments où vous rentrez chez vous, et où vous retrouvez votre cocon et tous les êtres auxquels vous tenez. Cela vous permettra de vous ressourcer et de vous rendre compte de l'importance qu'ils ont tous à vos yeux. Il faut réussir à faire abstraction de la douleur que vous créerez et de leur faire réaliser ô combien spéciaux sont les moments que vous aurez à passer ensemble désormais. Il semblerait que ça soit cela, devenir adulte. Gros bisous à toute ma famille et à tous mes amis, vous êtes irremplaçables!

Pour ce qui est de l'endroit où je vis actuellement, on va juste pas en parler. La seule chose à retenir de mes deux années à l'étranger est de ne jamais prendre de colocation. JAMAIS ! J'admets que trouver un studio est atrocement difficile et cher, mais si vous tenez absolument à ne pas vivre seul, il faut que vous y preniez à l'avance ou bien que vous connaissiez bien vos autres colocataires. Ou encore leur faire signer un papier interdisant certaines dérives et vous protégeant. Sinon votre vie risque fort de tourner au cauchemar. Le coup du verrou de ta chambre qui tourne tout seul comme dans les films d'horreur, et de ton coloc qui entre en disant qu'il voulait juste essayer, on me l'avait encore jamais faite, celle-là. C'est bien mieux de vivre seule, même si pour votre propre tranquilité, il vous faut sacrifier votre relation avec vos amis. C'est encore mieux quand la solitude est bien ancrée dans votre caractère ou si vous êtes légèrement associale sur les bords. Je vous rassure, si vous vous en donnez la peine, il vous sera tout à fait possible de garder une vie sociale dynamique tout en ayant un havre de paix dans lequel rentrer le soir.

Pour terminer sur une note positive, j'ai réussi à travailler dans la bibliothèque de mon collège. Tous ceux qui me connaissent savent que c'est mon rêve le plus cher depuis très longtemps, de devenir bibliothécaire. Je vais même monter un club de lecture mais je vous en parlerai la prochaine fois.

 

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30 novembre 2012

La vie au Royaume-Uni

Cela ne sera pas un article à proprement parler, seulement un recueil de faits que j'ai constatés au Royaume-Uni et qui différent de la France.

La première chose ici concerne le football. Ici, le football serait presque une religion. Au début, quand mes élèves m'ont demandé à plusieurs reprises si j'aimais le football, j'ai répondu innocemment mais vertement que non. Quand la professeur de français marseillaise a parlé de football dans un de ses cours et s'est excusée de préfèrer l'équipe marseillaise à celle parisienne, je lui ai dit que ce n'était pas un problème parce que je ne suis pas les matchs de foot et que très franchement, notre équipe n'a pas tellement de quoi être fière. Je pensais naivement que c'était comme en France, que certaines personnes aimaient ça et que d'autres s'en moquaient comme de leur première chaussette, tout ce petit mond se retrouvant joyeusement à chaque coupe du monde, mais non ! Pas du tout ! Dans tous les pubs dans lesquels je suis allée, au moins une télé retransmet les derniers matchs, et tous les gens présents dans le pub sont stockés devant. J'ai été temoin d'une scène profondément surréaliste un jour où je suis allée à Newcastle. Alba et moi sortions innocemment d'un centre commercial -  ou plutôt  nous cherchions désespèrement n'importe quel moyen de sortir du centre commercial. Nous avons finalement réussi à trouver une sortie assez inhabituelle et quand nous avons débouché à l'air libre, soulagées de nous être enfin sorties de ce traquenard, nous sommes tombées sur une marée humaine. Une armada de gens tous habillés de la même façon, avec des écharpes, des tee-shirts, des bonnets à rayures blanches et noires, se dirigeant tous dans la même direction, ca ne vous dit rien du tout ? Vous n'avez jamais eu l'impression de vous être égaré(es) dans un film de zombie, quand tout le monde a l'air de savoir où il va sauf vous, et s'y rend d'un air décidé ? Bah, c'était exactement ça. Et pas seulement quatre péquins qui se battent en duels, non ! Toute une meute qui surgissait de partout, on se serait crues dans un film d'horreur, ou à la coupe du monde de foot 1998 version zombie, je sais pas... Oh, et ne parlez à jamais de l'équipe de Sunderland aux gens de Newcastle, et vice et versa. Ce sont des ennemis jurés, et vous risqueriez de vous en faire. Des ennemis.

Une autre chose dont je voudrais parler concerne le rapport à la fête. Et là, je suis bien obligée de dire que certains clichés sur ce sujet sont vrais. Les gens d'ici, quand ils sortent faire la fête, ils ne savent pas faire dans la demi-mesure, surtout pour les femmes. Elles s'habillent avec des talons hauts de quinze centimètres avec lesquels elles marchent comme dans des panfoufles. Et encore, ce ne sont pas des talons normaux, j'en ai vu avec des talons recourbés comme les sabots de cheval. Je ne saurais pas décrire cette vision d'horreur, mais enfin, j'ai vu mieux dans ma vie. D'autre part, elles sont assez souvent habillées de manière invraisemblable. Déjà, elles ne craignent pas du tout le froid, c'est à dire qu'elles se baladent en permanence avec des petites robes qu'on devrait plutôt appeler des jupes vu qu'elles couvrent leur corps du milieu de la poitrine à la moitié des cuisses alors qu'il fait assez froid dehors. Mais c'est pas grave, allons-y en serviette de bain, la prochaine fois, ca ira plus vite. J'ai vu de nombreuses personnes sortir déguisées de façon tout à fait excentrique pour sortir le samedi soir. J'ai notamment vu une vieille dame avec des talons hauts et un léopard sur les épaules. Euh, je veux dire un manteau en peau de léopard sur les épaules. Sans parler des gens déguisés en marin, en extraterrestre, etc, etc.... Sinon, faire la fête rime souvent avec alcool (bon, pas en vrai, mais c'est pour la stylistique). C'est une chose qui me met dans une position assez délicate étant donné que je ne bois pas d'alcool du tout. Comme me l'a si gentiment fait remarqué quelqu'un un jour, ma vie ne vaudrait pas la peine d'être vécue sans avoir jamais bu d'alcool. Enfin bref, je préfère m'abstenir plutôt que de risquer de passer un week-end entier bourrée, ou de perdre ma dignité à cause de trop d'alcool ingéré. J'en ai un peu marre qu'à chaque fois que je dis que je ne bois pas d'alcool, on me sert le genre d'arguments suivants : " ta vie est tellement plus triste que les autres", " tu es française et tu ne bois pas de vin ? ", " tu ne sais pas t'amuser", etc, etc. Bref, de temps en temps, les gens font des tentatives pour me faire boire de l'alcool, comme de mettre du rhum dans mon jus d'orange, me proposer du vin, de la bière ou des cocktails bizarres, un petit verre d'alcool dans un grand verre de bière.  Et c'est en Angleterre qu'il m'a été donné de voir mon premier mec bourré. C'est très bizarre en fait, quand c'est bourré un être humain. Celui que j'ai vu dans un pub oscillait légèrement d'avant en arrière la main sur son verre de bière et avait le regard fixe, les yeux qui louchaient, et la lèvre inférieure qui remontait la lèvre supérieure. Il pensait que toutes les autres personnes qu'il voyait étaient les plus belles du monde. C'est fou comme ca rapproche en fait l'alcool, non ? Tout le monde il est beau, tout le monde, il est gentil. En revanche, quand il est tombé d'un seul coup de son siège pour s'étaler de tout son long par terre, il n'y a que moi qui ait sauté en l'air pour l'aider. Ah bon, c'est normal, il faut pas s'inquiéter ? Ok, autant pour moi... Dans les pubs, ils n'ont souvent aucun sens du ridicule, qu'ils soient complètement bourrés ou engoncées dans des petites robes beaucoup trop moulantes. Ma foi, c'est bien d'être décomplexé.

 

 


 

 

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27 novembre 2012

Le métier d'assistant

Oh dear, oh dear, un mois sans article, c'est atrocement long, me direz vous. Mais bon, en même même temps, il n'y a que ma famille qui vient sur ce blog, donc j'ai envie de dire, je fais un peu ce que je veux. Bref

J'ai commencé mon travail il y aura deux mois demain, et le moins que l'on puisse dire, c'est que c'était assez mouvementé. J'ai beaucoup de choses à dire et la première d'entre elles est que je me sens comme la balle dans les jeux de jokari. On me renvoie d'un côté à l'autre, en me donnant des informations contradictoires, et sans jamais avoir un tant soit peu de communication entre les différents membres de l'équipe. Une personne me dit une chose, et la suivante me dit exactement le contraire le jour d'après. Bref, il est parfois assez difficile de s'y retrouver et c'est assez frustrant pour l'amour-propre parce que c'est moi qui passe pour une imbécile, mais bon, j'aime trop ce travail pour y attacher réellement de l'importance, et à part ça, tout le monde se montre prévenant et gentil avec moi.

Je m'occupe exclusivement de garcons de niveau allant du year 7 au year 11, c'est à dire qu'ils ont entre 11 et 16 ans. J'ai été premièrement extremêment déçue de ne pas avoir de A-level, c'est à dire des year 12-13 pour des garçons ayant entre 17 et 18 ans, mais cela est amené à changer très vite.  Ca m'a désappointée parce qu'avec ces A-level, on peut parler de sujets assez profonds sans avoir trop de difficultés à se comprendre les uns les autres. Je dois ajouter que leur accent est vraiment délicieux. Mignon à croquer.

Bon, pour être parfaitement claire, on m'a expliqué que je m'occupe des étapes KS3 et KS5, c'est à dire que j'aurai deux rôles séparés. Le premier rôle consiste simplement à épauler le professeur dans la classe, simplement en soufflant un mot si les élèves sont bloqués ou en corrigeant une prononciation. On peut même être amenée à se présenter ou à participer à des animations interactives avec le professeur. Le deuxième rôle; et de loin le plus important, consiste à amener les élèves à parler grâce au support de documents authentiques qu'on aura pris soin d'amener ou à des activités ludiques (histoire d'éviter qu'ils ne vous traitent de barbante, ne s'endorment sous votre nez ou mettent le bazar partout dans le bureau). A parler le plus possible, le mieux possible et en moins de temps possible. Tout le problème se trouve ici, on vous demande de corriger une prononciation, de renforcer du vocabulaire et par dessus le marché de noter les élèves. Mais je suis parfaitement désolée, je suis un être humain et non une machine, je refuse de les faire passer à la chaîne sans qu'ils n'aient tiré le moindre profit de ma leçon. C'est totalement contre mes principes. Donc, je ne peux en faire passer que trois groupes de deux en une heure, mais c'est le temps qui m'est nécessaire pour être à la fois efficace et ludique. Je me sentirais trop malhonnête si je baclais mon travail en réduisant le temps que je consacre à chaque personne. En même temps, je suis ici pour donner réellement à chaque élève le temps de parler avec une native de la langue - temps qui pourrait lui manquer en classe- donc si je réduis le temps de passage, mon travail n'a plus de raison d'être. L'autre problème que j'ai rencontré a été de noter les élèves. En effet, non seulement le système de notation m'était totalement inconnu mais aussi il change quasiment pour toutes les classes. Enfin, quoi, ca serait si compliqué de simplement noter de 0 à 20, et non pas de faire tantôt des lettres, tantôt des chiffres entre 2 et 8 combinées avec des lettres, tantôt des chiffres entre 1 et 18, et le tout souvent séparé entre compréhension, prononciation et lecture ? Bref, je ne m'y suis toujours pas retrouvée dans ce fatras et en plus, je suis pratiquement dans l'incapacité physique de juger les gens. Je peux juger si c'est du bon ou du mauvais travail, féliciter ou "gronder", mais je ne peux pas attribuer un chiffre à une personne, surtout s'il s'aide du vocabulaire. Je ne sais pas le faire correctement et en plus ca me culpabilise profondément, c'est pour ça que j'essaie de le faire que quand vraiment j'y suis obligée. D'autant que dans le métier d'assistant, il est bien spécifié qu'on ne doit pas faire de travail de notation.  Les élèves eux mêmes en sont totalement mortifiés, ca les freine pour progresser, voire même pour sortir un mot.  J'en ai plusieurs qui sont venus me voir en me disant " Mais, mademoiselle, vous allez vous noter?" avec un visage décomposé et l'air tout penaud. Je me suis revue à la même place, moi qui déteste les oraux plus que tout au monde, et j'avais envie de leur crier : " mais non, ne t'inquiète pas, moi je ne suis là que pour t'aider, je ne suis ni ton ennemie ni ton bourreau ni rien'. Me retrouver dans ce rôle là, ca me brise le coeur. Donc je vais essayer de ne plus avoir à les noter tant que je n'aurai pas compris le système de notation et que je ne me serai pas un peu endurcie. Pour agraver les choses, ils voudraient que je note les élèves sur des sujets qu'ils viennent à peine de voir. Mais ils m'ont prise pour quoi, un monstre ??

J'ai passé les deux ou trois premières semaines en observation dans les classes, le plus souvent sans rien faire de précis sauf noter les différences entre les systèmes scolaires anglais et français, et éventuellement passer dans les rangs pour aider les élèves avec leur travail. Une fois écoulé ce laps de temps, j'ai doucement commencé à organiser mes cours moi-même. Les premiers temps, j'ai simplement tiré des questions d'une feuille de vocabulaire que l'on m'avait fourni. J'ai cependant rapidement constaté que ca ne fonctionnait pas. Ca prenait un temps fou simplement de leur faire comprendre les questions, cela a d'ailleurs donné lieu à des quiproquos assez drôles. Par exemple, si je posais la question " Quel âge as tu ? " , j'obtenais assez souvent la réponse " Je m'appelle Sam" . Question de point de vue. J'en ai même eu un qui m'a sorti " Ca va bien"  quand je lui ai demandé comment il s'appelait. Je crois qu'il a mérité la palme, n'est ce pas ? Celui-ci pourrait avoir la palme ou bien celui qui a répondu à la question : " Décris ton copain physiquement", " Il est masculine " ce qui a entraîné le fou rire le plus mémorable de ma vie. Mais rassurez vous, j'ai quand même pu finir ma leçon. Il arrivait aussi assez souvent que je pose trop de questions, ou que je m'y prenne maladroitement. En tous les cas, quelque chose clochait, il y avait un manque de communication flagrant entre moi et les élèves. J'ai donc décidé de changer de méthode et d'introduire le jeu dans chaque activité. Le raisonnement par l'absurde pour les Year 9 qui ont des questions assez générales, marche assez bien. Si par exemple, un élève me dit " Ma mère est bleue" au lieu de " Ma mère a les yeux bleus", au lieu de simplement corriger l'erreur, je lui dis " Attention, si tu dis ca en anglais, ca va te donner My mother is blue". Généralement il se rend compte tout seul de l'absurdité de ce qu'il vient de dire, rit et enchaîne plus facilement. Ca marche assez bien pour détendre l'atmosphère et vous pouvez être sûre qu'il s'en souviendra. J'ai utilisé ca pour aussi pour un exercice où ils devaient retrouver les verbes en les choisissant parmi plusieurs propositions Il y avait par exemple la phrase : "Nous avons attendu le bus"  avec parmi les verbes à choisir, le verbe manger. Vous pouvez imaginer ce qui est sorti de la bouche d'un de mes élèves. No, you can't eat a bus, sorry.... 


Pour les activités, pour peu que vous ayez un peu d'imagination, vous avez un champ infini de possibilités. Préparer différentes activités pour mes cours doit être l'une des choses que je préfère dans mon travail. Bien sûr, ca marche plus ou moins bien selon les élèves. En effet, certains veulent absolument aller avec toi, d'autres tirent une tête de six pieds de long quand vient leur tour. J'ai par exemple une tornade rousse tellement enthousiaste et énergique que j'ai cru que j'allais le ligoter à sa chaise pour le calmer. D'autres s'attachent à toi d'une telle manière qu'ils te posent des questions personnelles. La plus étrange que j'ai eu a été : " De quelle couleur sont vos pantoufles, mademoiselle ?" Euh comment te dire...  Mais dans l'ensemble, ils sont vraiment adorables. Ce sont des garçons donc ils font des bêtises mais vraiment, ils sont sympas. Voilà quelques exemples d'activités que j'ai réalisé pour mes élèves:

Activité pour le collège (Est ce qu'il y a)

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Vous avez une carte sur laquelle les élèves pointent une image pour répondre à la question " Est ce qu'il y a ?", un jeu de l'oie pour les matières , des phrases à trous, et un jeu des paires sur le thème de l'hôtel. Ne prenez pas les images sans me le dire, s'il vous plaît.

J'ai également vu plusieurs choses qui m'ont agréablement amusée et qui diffèrent totalement du système français. Tout d'abord, les élèves sont beaucoup encadrés qu'en France et gloablement travaillent plus volontiers. Bon en même temps, ils sont un peu obligés mais bon. D'un autre côté, ils ont le droit d'avoir le vocabulaire à côté d'eux pour faire les exercices et ils ont des préparations aux contrôles genre trois leçons avant. Ils savent d'avance le sujet sur lequel ils vont tomber. Ensuite, le travail est bien plus oralisé et plus vivant. Par exemple; ils ont beaucoup de dialogues aux voix françaises tout à fait naturelles ( comprenez que le/la français qui écoute à côté est mort(e) de rire face aux intonations pas crédibles une seconde) mais la prononciation est juste et claire donc c'est un mal pour un bien.  Ils ont aussi des chansons ( j'ai notamment eu droit à une magnifique chanson sur la météo sur l'air de Frère Jacques, ce qui m'a quelque peu surprise) et des animations assez intelligentes mais tout à fait étonnantes la première fois qu'on les voit. Ce qui m'a le plus surprise, ca a été un exercice pour lequel les élèves se baladent dans la classe la main levée, doivent se trouver un partenaire et entamer un petit dialogue que voici:

    -"Bonjour !"

   - "Bonjour !"

   - " Je suis très intelligent, tu es d'accord ? "

   - " Oui, je suis d'accord, tu es très intelligent /  non je suis pas d'accord, tu n'es pas trop intelligent'

    - " Très bien ! "

    -  " Au revoir !"


Demandez à Alba, maintenant, elle le connait par coeur. La première fois que j'ai vu, je me suis dit que si je prenais un air détaché et que je restais contre le mur sans rien dire, peut être tout rentrerait dans l'ordre. Everything is normal... Mais au final, une fois que j'ai compris de quoi il retournait, j'ai trouvé ça assez stimulant et rigolo pour les enfants.

Pour terminer, s'il y a une chose primordiale à conseiller et qu'on m'a serinée au meeting des assistants à Leeds, c'est ne de jamais, au grand jamais, toucher les enfants.  Ne même pas les approcher serait même préférable. Cela risque pourtant de s'avèrer difficile, car les ados sont assez adeptes des bros fists et autres highfive et chercheront facilement le contact avec vous. Mais ne cédez JAMAIS.  L'autre chose qu'on m'a apprise à Leeds était de toujours parler en français, ne pas tomber dans la facilité de traduire, toujours chercher un moyen de contourner la difficulté par le français. J'ai une petite pensée pour le monsieur d'un certain âge à la fois excentrique et très timide qui a egayé la journée tout en nous apportant des informations assez utiles. Je dois dire qu'il s'est montré assez entraînant. Son nom était Yves Robert, si mes souvenirs sont bons, et il est professeur de FLE depuis 20 ou 30 ans, donc plein d'expérience. Ca se voyait.

Voici quelques liens :

http://www.cortland.edu/fteach/civ/

http/www-hku.hk/french/starters/main.html

www.TV.org

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06 octobre 2012

Des nouvelles du front

 Bon, bah voilà, je suis au Royaume-Uni depuis une semaine et je n'aurais jamais cru que les choses pourraient s'avérer si difficiles. Vous vous rappelez quand j'ai dit que j'espérais ne pas avoir été arnaquée pour mon appart ? Hé ben, si, je me suis faite arnaquée. Mais j'y reviendrai plus tard.

Pour l'instant, je vais simplement vous raconter les premiers jours de mon séjour au Royaume-Uni. Je suis arrivée vendredi 28 septembre vers midi, et j'ai attendu Alba pendant quelques minutes. Elle est arrivée, bien sûr quand je ne m'y attendais pas, et l'une des premières choses qu'elle m'a dit, c'est " I don't understand you". Ca n'augurait pas tellement bien des huit mois restants. Mais bon, on s'est quand même dirigées vers le métro en direction de Park Lane station, où était censée nous attendre la prof d'espagnol nommée Elena Diaz. Seulement, une fois arrivée là-bas, elle n'était pas là. On lui  a couru après dans tout Sunderland mais on est finalement arrivés au collège sans encombres. C'est après que les choses sérieuses ont commencé. Nous  nous sommes rendues à notre appartement, toutes contentes d'emmenager dans notre belle petite maison, mais le rêve s'est rapidement transformé en cauchemar. La maison s'est révelée être une vraie porcherie en fin de compte, je regrette de n'avoir pas pu prendre de photos pour vous montrer mais c'était réellement une horreur. Si vous voulez vous faire une idée, les semelles de nos chaussures restaient collées au sol, l'évier débordait d'assiettes et de choses plus ou moins identifiées, la machine à laver débordait légèrement et il y avait des cafards. Des cafards !! Mais ce qui m'a achevée, c'est ce que les deux infirmières écossaisses qui étaient censées partager notre appartement se sont soudainement transformées en douze garçons d'origine indienne ou pakistanaise.  Et Alba et moi devions partager une chambre. Sans compter que le proprietaire de la maison ne reviendrait pas avant neuf heures du soir, donc nous étions à deux doigts de dormir dans la rue. 

 

Bref, après qu' Alba et moi ayons clairement et fermement donné notre avis sur cette maison, la prof d'espagnol et la personne chargée de représenter notre proprietaire se sont demenés pour nous trouver un autre toit. Nous sommes maintenant logées à Clanny House, l'un des campus de l'université de Sunderland. Et franchement, cela nous a paru un paradis comparé à feu notre appartement de rêve. Le seul inconvénient de cet endroit réside dans le fait que l'on doive partager la salle de bains avec cinq autres personnes et les alarmes incendies. Cette dernière catégorie se divise en deux parties : les tests des alarmes incendie qui ont lieu entre 9 heures du matin et 4 heures de l'après midi et les vraies fausses alarmes incendie qui ont lieu la nuit ( à sept heures du matin plus précisement). Ce qu'il y a à savoir avec les alarmes incendies britanniques, c'est qu'elles sont extrêmement bruyantes et durent longtemps. Quand le gars de la réception nous a dit que ca durerait entre 1 heure et une heure et demie, ca nous a légèrement contrariées, car on était en train de prendre notre petit déjeuner. Petit déjeuner un tantinet gâché, du même coup. Le coup de l'alarme incendie à sept heures du matin, quand tout le monde est sorti en pyjama, ca n'était pas mal non plus. Il y a même une fille qui est sortie en pyjama ours. C'est à dire déguisée en ours. Si si.

Quant à l'école, je crois que c'est l'une des choses les plus impressionnantes que j'ai faites de toute ma vie, de me retrouver face à 25 paires d'yeux qui me scrutent. Surtout quand la prof se trompe de nom de famille quand elle te présente, et t'apppele Mademoiselle Pasquier tout du long. 25 garçons British de 12 ans qui te fixent comme si tu débarquais de la planète Mars. C'est comment dire.. gênant. Je suis restée pour le premier jour, en observation dans une classe d'espagnol, dans laquelle j'ai remarqué plusieurs choses qui différent énornément des classes françaises. En premier lieu, les garçons sont disposés par table de quatre et se notent eux-mêmes. C'est à dire que le professeur donne un exercice qu'il corrige ensuite et demande aux élèves de se donner une note sur 10. Jamais tu ne ferais ça en France, tout le monde aurait 10/10 sinon. La deuxième chose étrange est que pour réclamer le silence, le professeur lève le bras, et les 25 élèves lèvent le bras dans un bel ensemle. Etrange à regarder. Evidemment, la première chose qu'un des élèves m'a demandé était " Do you know a swear in French ? " Euh, noooon .....  Enfin bref, depuis une semaine que je suis en Angleterre, j'ai assisté seulement à deux cours, Le reste du temps, je reste dans la salle des assistants à regarder le plafond. Très beau plafond, d'ailleurs. Je vous en dirai plus dans quelque temps sur les cours. 

Cela m'amène aux diverses tâches adminstratives qui ont parsemé cette semaine. Déjà, pour avoir une chose simple et basique, comme le Wi-fi, il nous a fallu harceler le mec de la réception tous les jours pendant une semaine. A tel point qu'à la fin, il nous a accueillies avec un : "Hello, my friends ! "  De même pour avoir notre " accomodation contract", il nous a fallu une semaine. J'ai fait de gros progrès en " administrativus taskus" : moi qui déteste téléphoner, j'ai réservé un hôtel et demandé mon National Insurance Number par téléphone et en anglais de surcroît. Ma colocataire espagnole me demande souvent de l'aide pour traduire ce que les gens d'ici disent. De gros progrès en perspective. Nous sommes également devenues très amies avec le gérant d'un restaurant italien pas loin de chez nous. C'est lorsqu'il est sorti d'un magasin de sacs dans lequel il travaille également qu'on a compris qu'on était pratiquement ses potes.

Sinon, contrairement aux clichés qui courent sur l' Angleterre, il fait très beau. Il y a du vent, mais je peux me balader en manches courtes sans le moindre problème. Il y a juste une chose assez effrayante sur ce pays : les mouettes. Il y en a partout, même plus qu'à Marseille, et leurs cris me réveillent souvent le matin. Et elles ne sont farouches pour un sou, et voraces comme pas deux. Deux scènes m'ont marqué avec ces mouettes, qui marchent à deux centimètres  de toi en te fixant comme les mouettes dans "Les Oiseaux".  La première scène étant une mouette qui se rue sur un morceau de pain gros comme mon bras, et le dévore en deux secondes en le volant aux pigeons d'à côté. La deuxième scène se déroule dans la cour du collège, après le déjeuner des élèves. J'ai compté 23 mouettes dans la cour. 23. J'essaierai d'avoir des photos.

Sinon, je vous montre quelques photos.

                                                               

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21 août 2012

Poursuivre ses études

Savoir si un assistant de français a seulement la possibilité administrative de poursuivre ses études est de loin la démarche la plus énervante à faire et sur laquelle il y a le moins d'informations. D'autant que les informations que l'on reçoit sont le plus souvent contradictoires. Dans certains facs, pour faire un master 1 couplé à une année d'assistanat,  il y a une possibilité de poursuivre ses études en formation à distance. Pas dans la mienne, sinon ca sera trop facile. Non, dans ma fac, on peut faire un master 1 en demandant les cours aux profs ou aux autres élèves: c'est comme la formation continue mais vous vous débrouillez tout seul pour étudier. Cette formation est aussi appellée la formation " la maison décline toutes responsabilités en cas d'échec retentissant de vos études, merci de ne pas porter plainte contre nous".  Dans le mignon livret qu'on nous donne habituellement une semaine avant la rentrée et dont une grande partie des livres ne sont finalement pas au programme, on nous explique les modalités du master 1.


Le premier semestre est bien sûr consacré entièrement aux séminaires en tous genres, même si l'étudiant doit se spécialiser dans une matière précise. Dans ma fac, on a le choix entre civilisation, traduction et littérature. A votre avis, j'ai choisi quoi ? Je trouve ça dommage pour les séminaires : ca m'a toujours fascinée, ce genre de choses. C'est une réunion d'éminents spécialistes qui discutent sur des points très pointus de manière très poussée. Ca gâcherait un peu le tableau que je vienne en plein milieu : " Bonjour, je ne connais rien au sujet mais je vais m'asseoir parmi vous et faire comme si j'étais compétente, d'accord ?". En tous cas, ils ont l'air très intéressants, c'est dommage de ne pas pouvoir y assister.  On doit en choisir quatre en tout plus une unité transversale (une option, quoi). Le deuxième semestre en revanche est un peu particulier. L'assistant doit rendre un mémoire de 50 pages (1500 signes environ) et suivre un cours de méthodologie ou suivre deux séminaires et un cours de méthodologie.  L'assistanat tient lieu de stage (gros stage en effet que huit mois à l'étranger) et vient compléter le reste. Cela va s'intégrer dans le cursus du Master 1 au titre de la Validation des Acquis Professionnels , l'étudiant doit produire une attestation du chef de l'établissement d'accueil et  un rapport d'expérience d'environ 1800 mots.

Tout cela se validera bien sûr en contrôle terminal et au mois de septembre, faute de don d'ubiquité suffisamment développé. Vous voyez que poursuivre des études à l'étranger demande des efforts considérables et une volonté de fer. Ca n'est pas une décision qui se prend à la légère, d'autant que les deux semestres ne se compensent pas. Heureuseument que j'ai des amis  sur qui je peux compter pour me soutenir !

Maintenant que vous avez les détails pratiques, il faut savoir que c'est une décision qui peut avoir des conséquences psychologiques. Certaines personnes peuvent vouloir se tourner entièrement vers un projet professionnel, d'autres ne peuvent pas se passer du cadre un peu académique de la fac. Pour ma part, j'ai longuement hésité à prendre cette décision, entre les personnes qui me disaient : " Quoi ? Tu envisages de pas étudier cette année ? Mais qu'est ce que tu vas devenir, ma pauvre enfant ? " et celles qui menaçaient de me scalper si je n'allais pas à fond vers l'assistanat. Mais finalement, je crois que rester le nez plongé dans les livres me manquerait trop, alors j'ai décidé de faire un master 1 pour ne pas trop perdre la main. Je crois qu'il faut réellement réfléchir à la raison d'être de son projet d'assistanat pour prendre cette décision. C'est sûr que si on a l'intention de visiter tous les pubs du Royaume-Uni au lieu d'étudier, ca marchera pas trop. Il faut avoir du temps devant soi mais c'est une décision qu'il faut prendre tout seul. Vous pouvez toujours vous inscrire à la fac pour avoir une couverture sociale étudiante. Ca vous sera utile au Royaume-Uni.

 

 

Photo de la plus belle librairie que je connaisse : The Shakespeare's Company, dans le quartier de Notre-Dame.

Je l'ai trouvée sur le site suivant: cela reflétait exactement l'état d'esprit que je cherchais.

 

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20 août 2012

Trouver ou ne pas trouver un logement, telle est la question...

Trouver un logement à l'étranger reste la croix et la bannière, l'étape la plus difficile à avoir.  Le plus important reste d'avoir un interlocuteur là-bas: et çà, croyez-moi, c'est pas de la tarte. J'ai dû m'adresser à trois personnes différentes, envoyer plusieurs mails dont un à la direction de l'école avant de savoir qui sera mon interlocutrice privilégié. En tant que pauvre petite française qui ne connait même pas la hiérarchie et l'appelation exacte des postes dans l'école, comment aurais-je pu faire autrement ? Je n'allais quand même pas débarquer dans l'école avec une pancarte autour du cou disant: " French assistant is desparingly looking for a tutor please... Help.. Someone ?"

Bref, une fois que j'ai eu un contact stable et sûr à l'étranger, j'ai pu commencer les démarches. L'école m'avait dit dans une lettre que je ne bénéficierai pas d'un logement au sein du collège. C'était une mauvaise nouvelle car cela représentait une opportunité que beaucoup d'écoles proposent aux assistants et qui aurait été parfaite. Heureuseument pour moi, on m'a donné l'adresse e-mail de l'ancienne assistante d'espagnol qui m'a fourni de précieuses informations sur l'école et sur les différents moyens de trouver un logement.  J'ai également réussi à débusquer un des anciens assistants de français qui m'a donné également des informations fort appréciables et sera sûrement un contact précieux pendant l'année prochaine. C'était plus facile et reposant de pouvoir demander des explications dans sa langue maternelle plutôt que dans une langue qu'on maîtrise moins bien.  Ils m'ont tous deux dit qu'ils avaient été logés à la résidence de l'université de Sunderland, mais que cette opportunité n'était apparemment plus possible. En me disant que décidément je jouais de malchance, j'ai dû envisager de me rabattre sur les chambres d'hôtes que l'assistante espagnole me proposait. Elles étaient très bon marché et tout à fait décentes, mais ne constituaient qu'une solution temporaire.


J'ai alors commencé à écumer les sites de proposition de logement, de colocation et de petites annonces. Pour le premier appart que j'ai trouvé, ma première pensée a été celle -ci : "Oh my godness, I need this appartment so badly ! It's so fluffty I'm gonna die !". Regardez juste la vue et vous verrez : 

   Location vacances appartement Portree                             

                                                                                           

Il  y a un hublot , quoi ! Passons sur le fait que cet appartement s'est révélé être une chambre d'hôtel pas du tout près du Sunderland. Mais bon; si vous cherchez une chambre d'hôtel originale en Angleterre, foncez

Ensuite j'ai poursuivi mes recherches un peu au hasard et j'ai constaté plusieurs choses extrêmement bizarres pour quelqu'un qui vient de la banlieue parisienne.

  •   En Angleterre, beaucoup d'apparts sont proposés à la location non-meublés. J'ai bien dit à la location et non à la vente. Je précise qu'il s'agit de logements étudiants. Je ne sais pas, ils pensent peut-être qu'on a pour habitude de transporter nos meubles sur le dos ou bien qu'on s'appelle tous Mary Poppins. Et puis,dans l'avion, c'est tellement pratique de se trimballer avec le frigo sur l'épaule.Et puis quand je vous dis non-meublés, c'est vraiment ça. En mode camping !
  • La deuxième chose étrange est la qualité et l'espace des appartements proposés. Pour certains, j'ai cherché pendant des heures où était l'arnaque. Je me suis même demandé s'ils n'allaient pas bientôt me payer pour que j'habite dans un palace.

Jesmond- ensuite room in stunning house, mins to Osborne Rd and walking distance to city centre Jesmond Picture 1           Jesmond- ensuite room in stunning house, mins to Osborne Rd and walking distance to city centre Jesmond Picture 3

 

 Ceci n'est pas une maison mais plutôt un château.

Le tout pour environ 500 livres par mois, l'équivalent à Paris d'un clapier à lapin. Et bien sûr, tous les appartements ont des facades absolument adorables et typiques. Le fin du fin.

Jesmond- ensuite room in stunning house, mins to Osborne Rd and walking distance to city centre Jesmond Picture 54 bedroom terraced house to rent
in Alice Street, Ashbrooke, Sunderland, Tyne And Wear    

  • Ensuite, après toutes ces recherches, une coloc m'est tombée du ciel. Littéralement. Un jour, j'ai reçu un mail d'une demoiselle fort sympathique et tout à fait pétillante qui m'a dit presque exactement la chose suivante: " Bonjour, je vais travailler avec toi l'année prochaine. Et si on vivait ensemble ?" C'était inespéré mais aussi un peu flippant. (Ceux qui pensent à une certaine chanson, levez la main). Nous avons donc cherché plusieurs appartements mais nous devions veiller à plusieurs choses différentes. Il y a eu des nombreux rebondissements. Il y a une particularité au Royame-Uni, souvent les appartements sont réservés soit aux professionnels (catégorie mystérieuse qui pourrait regrouper à peu près n'importe qui) soit aux étudiants. Comme les assistants ont un statut hybride, entre les deux, on s'est un peu retrouvées le bec dans l'eau. Mais bon, passons. Pour un des appartements que nous avions repéré, le propriétaire nous a demandé une lettre de recommandation d'un Britannique disant que nous étions solvables ou bien de payer tout le loyer d'un seul coup. Oui, bien sûr, je me balade souvent avec des lettres d'inconnus et 7000 euros dans ma poche, tiens !

 Finalement, nous avons trouvé notre coup de coeur à toutes les deux. Certaines personnes pourraient trouver ça viellot, mais je crois que pour ma part, c'est le piano qui m'a convaincue. J'ai toujours rêvé de casser les oreilles des gens, d'avoir un piano. Et de plus, il y a une cheminée ! Un bon point pour les personnes frileuses qui seraient tentées de venir me voir.

Nous avons donc décidé de prendre cette maison. Mais un coup de théâtre s'est produit ! Mon contact en Angleterre a d'un coup trouvé que des chambres dans la résidence universitaire dont je vous ai parlé plus tôt étaient disponibles ! Et là, la terrifiante question de faire un choix entre deux options s'est posée... J'ai  bien pris deux mois pour résoudre ce dilemme.  Voici à quoi ressemblent les chambres...

Qui vote pour quelle chambre ? Moi, ce qui m'a décidée pour de bon, c'était le fait qu'on partageait la salle de bains avec six personnes et qu'il y avait régulièrement des exercices pour l'alarme incendie la nuit.

Donc maintenant, si je n'ai pas été cruellement arnaquée, j'ai un appartement. Très joli de surcroît .

 

Posté par Rion-ma à 13:44 - Commentaires [4] - Permalien [#]